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L’espoir de Raharitiana : lutter contre la malnutrition infantile à Madagascar

2026-08-24
par Medair
Madagascar
Avec le soutien de Medair, Raharitiana aide son petit-fils à grandir en meilleure santé malgré les pénuries alimentaires saisonnières dans les zones rurales de Madagascar.

Dès que nous quittons le centre de santé de Mahatsinjo, une foule se rassemble autour de nous. Au début, il ne s'agit que de quelques enfants intrigués par les visiteurs. Puis dix. Puis vingt. Lorsque nous atteignons la lisière du village, nous sommes encerclés : au moins soixante enfants marchent à nos côtés sur le chemin principal qui serpente entre les maisons. Ils ne se contentent pas de nous suivre. Ils chantent et dansent avec nous tout au long du trajet.

Nous accompagnons Raharitiana, âgée d’une trentaine d’années et grand-mère du petit Ilarida, dans ses activités quotidiennes avec son petit-fils : l'emmener à son rendez-vous médical, récupérer ses médicaments et rentrer à pied avec nous à travers le village. Elle effectue ce trajet environ toutes les deux semaines pour s'assurer qu'il reçoive les soins dont il a besoin.

Son petit-fils, Ilarida, a un an. Il est petit pour son âge, fragile mais en chemin vers la guérison après avoir souffert de malnutrition.

Un long parcours qui commence à la clinique

Au centre de santé de base de Mahatsinjo, des mères sont assises avec leurs enfants sur les genoux, attendant tranquillement leur tour. Le médecin appelle les patients par leur nom, mesure leur poids, examine leurs symptômes et établit des plans de traitement.

« Je l'amène souvent ici », nous confie Raharitiana. « Il souffre d'une très forte toux et a du mal à respirer. »

La mère d'Ilarida est tombée à nouveau enceinte avant qu'il n'ait atteint l'âge d'un an et n'a pas pu continuer à l'allaiter. Faute d'une alimentation adéquate, son état de santé s'est rapidement détérioré.

Après avoir été examiné par le médecin, il a été inscrit à un programme nutritionnel. Il reçoit un traitement et des rations hebdomadaires de Plumpy'Nut, un aliment thérapeutique utilisé pour traiter la malnutrition aiguë.

Raharitiana assiste le médecin pendant l'examen médical d'Ilarida au centre de santé de base de Mahatsinjo. Cette consultation permet de suivre les progrès du traitement contre la malnutrition de cet enfant d'un an. ©Medair/Priscilla Basta

Une promenade dans le village

Après le rendez-vous, nous suivons Raharitiana tandis qu'elle récupère les médicaments et entame le chemin du retour, avec Ilarida sur le dos. Le sentier serpente à travers le village : poussiéreux, accidenté et animé par des enfants qui continuent de nous suivre, en riant et en nous observant avec une certaine curiosité.

Ce n'est pas un spectacle inhabituel ici. Les étrangers sont rares, et la présence du personnel de Medair devient souvent un petit événement en soi.

Deux membres de l'équipe de Medair suit Raharitiana et son petit-fils Ilarida à travers le village de Mahatsinjo alors qu'ils rentrent chez eux après une visite au centre de santé local. ©Medair/Priscilla Basta

Un foyer marqué par le besoin, l'espoir et la résilience

Sa maison est petite, construite d'un mélange de boue, de feuilles et de bois. À l'intérieur, il n'y a pas de meubles, et le sol en terre battue sent la pluie fraîche. On entend des souris courir au plafond. Cela nous rappelle les précaires  conditions dans lesquelles cet enfant poursuit sa guérison.

« Il était si maigre quand nous sommes arrivés », dit-elle. « Son visage était très pâle. Maintenant, je vois la différence. Il prend du poids. Son teint s'améliore. Il devient plus fort chaque jour. »

« Je l'ai pris chez sa mère », explique Raharitiana d'une voix douce. « Ça n'a pas été facile, mais maintenant, il y a de l'espoir. Je remercie Dieu de m'avoir donné la force de prendre soin de lui. »

Raharitiana chez elle, dans le village de Mahatsinjo, où elle vit avec son mari et son petit-fils, Ilarida. La maison est entourée de caféiers cultivés par les familles locales de la région. ©Medair/Priscilla Basta

Le centre de santé, au cœur de cette histoire

Pour Diana, infirmière de Medair travaillant à la clinique, des situations comme celle d'Ilarida reflètent des défis saisonniers et structurels plus larges.

« La maladie la plus courante ici chez les enfants de moins de cinq ans est le paludisme », explique-t-elle. « Mais la malnutrition est également très répandue. »

La cause est étroitement liée au cycle agricole. Le riz, aliment de base, n'est récolté que deux fois par an, en mai et en novembre.

« Dans les mois qui précèdent la récolte, il n'y a souvent pas assez de nourriture », dit-elle. « Les familles mangent ce qu'elles trouvent, ou parfois rien du tout. »

Pendant ces périodes, la malnutrition augmente fortement.

Accompagner les enfants avant qu'il ne soit trop tard

Au centre de santé, le dépistage précoce est essentiel.

« Nous effectuons régulièrement des dépistages et un suivi », explique Diana. « Nous travaillons également avec les agents de santé communautaires pour identifier les enfants avant qu'il ne soit trop tard. »

Dès qu'un enfant est diagnostiqué, la prise en charge commence immédiatement : bilan nutritionnel, médicaments tels que l'amoxicilline, de la vitamine A, des comprimés vermifuges et des aliments thérapeutiques comme le Plumpy'Nut.

Un rétablissement fragile mais bien réel

À Mahatsinjo, le rétablissement ne se fait pas en vase clos. Il passe par des visites de suivi régulières, de longues marches, une surveillance attentive et la persévérance discrète de personnes qui prennent soin des leurs, comme Raharitiana.

Alors que nous quittons le village, les enfants nous font signe de la main. Derrière nous, la vie continue : fragile, difficile, mais portée par une attention profonde et sincère.

Et dans la maison de Raharitiana, un petit garçon reprend des forces.

« Maintenant », dit-elle, « il y a un peu d'espoir. »

Les services de Medair à Mahatsinjo, à Madagascar, sont financés par ECHO et des donateurs privés.

Ce contenu a été élaboré à partir de ressources recueillies par le personnel de Medair sur le terrain et au siège. Les points de vue qui y sont exprimés n’engagent que Medair et ne reflètent en aucun cas l’opinion officielle d’autres organisations.

2026-08-24
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