Etre enceinte en pleine crise humanitaire
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Lorsque Nadia* parle de sa grossesse, sa voix trahit sa peur. Les mois de violence, de déplacement et d’incertitude face à l’avenir ne laissent rien présager de bon. Mais elle s’accroche à l’espoir pour l'enfant qui grandit en elle.
« Nous avons été déplacés pendant le conflit et sommes rentrés récemment chez nous », explique-t-elle. « Les bombes, les bombardements et les coups de feu nous ont forcé à prendre la fuite pour nous réfugier dans un environnement très précaire. Cela m'a causé beaucoup de stress. »
Nadia est enceinte de cinq mois lorsque nous la rencontrons à Khartoum, au Soudan. Elle a déjà sept enfants : un fils et six filles. Dans le contexte actuel de crise, que l'ONU qualifie de pire crise humanitaire au monde, protéger sa famille est un combat quotidien. Accéder aux soins de santé, particulièrement aux services de santé maternelle, est quasi-impossible.
Protéger sa grossesse en plein conflit
Pour les femmes enceintes à Khartoum aujourd'hui, la grossesse est une période de risque accru. Les combats et l'insécurité ont contraint des familles à fuir, perturbé les chaînes d'approvisionnement et entraîné l'effondrement du système de santé. De nombreux établissements de santé ont fermé ou ne sont plus pleinement fonctionnels. D'autres manquent de personnel qualifié, d'équipements essentiels ou de médicaments de base.
« On se nourrit désormais difficilement », explique Nadia. « Je m'inquiète pour la sécurité de mes enfants. Les services pour les femmes enceintes ne sont pas disponibles. C'est la première fois que je trouve de l'aide et un suivi, alors que je suis enceinte de cinq mois déjà. »
Un suivi régulier de la grossesse est essentiel pour détecter de manière précoce les complications et prendre en charge les affections comme l’hypertension artérielle ou l'anémie, afin de protéger à la fois mère et enfant. Sans cela, les risques augmentent considérablement. Dans un contexte de crise comme au Soudan, les taux de mortalité maternelle, de naissances prématurées, d’insuffisance pondérale des bébés à la naissance et de complications évitables pendant l'accouchement sont beaucoup plus élevés.
Le stress, la malnutrition et les pathologies non traitées peuvent avoir des conséquences permanentes pour les nouveau-nés. Nadia l’a compris : « La santé des femmes enceintes est importante car la santé future de leurs enfants en dépend. »
Effondrement des services de santé maternelle
L'expérience de Nadia reflète la réalité vécue par des milliers de femmes à Khartoum. Les déplacements forcés ont éloigné les familles de leurs établissements de santé habituels. Avec l'insécurité, il n’est plus possible de parcourir de longues distances pour aller se faire soigner. Les coûts des services privés dépassent largement les moyens des familles qui n’ont plus de revenus.
« Le conflit a beaucoup affecté les services de santé », dit Nadia.
Pour de nombreuses femmes, cela signifie des mois de grossesse sans aucune consultation médicale. Pas de contrôle de la tension, pas de bilan sanguin, pas d'informations sur les vaccins ou les symptômes à surveiller. Elles ne savent même pas si leur bébé va bien et se développe normalement.
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Medair soutient les centres de santé
Nadia a finalement trouvé de l'aide après avoir entendu parler d'un établissement de santé soutenu par Medair par des amies de son quartier.
« Elle m’ont dit qu'il y avait de bons services prénataux ici », se souvient-elle.
Lorsque Nadia est arrivée, elle a obtenu ce dont elle avait besoin tout au long de sa grossesse : une prise en charge prénatale de qualité.
Lors de sa première consultation, les équipes ont contrôlé sa tension, effectué des analyses et évalué son état de santé général. Ces vérifications de routine peuvent sauver des vies dans un contexte de crise. La détection précoce de l'hypertension artérielle, d'infections ou de carences nutritionnelles peut prévenir de graves complications plus tard dans la grossesse.
Nadia a également reçu des médicaments, a été conseillée et informée sur les vaccinations et les soins de suivi nécessaires.
« Les services sont bons, cela m’encourage à continuer de venir ici », dit-elle. « C'est un soulagement. »
La réponse de Medair en matière de santé maternelle à Khartoum
Avec le soutien de l'Union européenne, Medair fournit des services de santé primaires et maternels essentiels à Khartoum aux personnes impactées par les conflits, les déplacements et la pauvreté. Ces services incluent les soins prénataux, les accouchements, le suivi postnatal, les analyses, les médicaments et la sensibilisation aux questions de santé maternelle.
Dans un contexte où les services publics sont surchargés ou inaccessibles, ces soins sont souvent la seule option pour les femmes enceintes. Les cliniques soutenues par Medair contribuent à réduire les risques pendant la grossesse, favorisent les accouchements sûrs et protègent la santé des nouveau-nés pendant leurs premiers jours de vie.
Pour des femmes comme Nadia, cet accompagnement n'est pas seulement médical. Il rétablit la dignité. Il réduit les craintes. Il redonne aux mères la confiance qu'elles ne vivent pas leur grossesse seules en pleine crise.
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Un accompagnement essentiel
La santé maternelle est typiquement une des plus touchée par les conséquences d’un système de santé sous pression. Lorsque les conflits perturbent ces soins, les conséquences se ressentent pendant des générations. Les bébés dont les mamans n’ont pas été suivies sont plus susceptibles de souffrir d’affections pouvant durer toute la vie.
Le financement humanitaire de l'UE et la générosité de donateurs privés permettent à Medair de maintenir les cliniques ouvertes, de former le personnel et d’acheminer les fournitures essentielles dans l'un des contextes les plus difficiles au monde. Cela permet aux femmes comme Nadia de se faire soigner et suivre indépendamment de leur capacité à payer.
Un chemin plus sûr vers l'avenir
Aujourd'hui, Nadia poursuit sa grossesse avec une confiance renouvelée. Elle sait où aller pour les soins de suivi. Elle sait que sa santé est surveillée. Elle sait que son enfant aura de meilleures chances de survie.
Dans un pays où l'insécurité a rendu même les gestes les plus simples difficiles, accéder aux soins prénataux ne devrait pas être un luxe. Pour Nadia, ils sont synonymes de survie.
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*Le prénom a été modifié pour des raisons de sécurité.
Ce contenu a été élaboré à partir de ressources recueillies par le personnel de Medair sur le terrain et au siège. Les points de vue qui y sont exprimés n’engagent que Medair et ne reflètent en aucun cas l’opinion officielle d’autres organisations.
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